Marché du ciment : Bilan 2025 et perspectives 2026 sous forte incertitude
Un net recul de l’activité en 2025
L’année 2025 s’inscrit en rupture marquée par rapport à 2024 pour le marché du ciment. La consommation totale recule de 26 % en un an, traduisant une contraction nette et généralisée de l’activité dans le secteur de la construction.
Cette baisse reflète un ralentissement simultané :
- des segments BTP (gros œuvre, logement, tertiaire),
- des chantiers publics, historiquement moteurs du marché.
Une consommation par habitant très en-deçà des standards internationaux
En 2025, la consommation annuelle par habitant atteint 128 kg, soit 40 kg de moins qu’en 2024 (≈ 168 kg/hab).
Cette performance place le marché local très loin des références internationales :
- France : 234 kg/hab → –45 %
- Europe : 336 kg/hab → –62 %
- Nouvelle-Zélande : 305 kg/hab → –58 %
La combinaison d’une baisse annuelle de 26 % et d’un niveau de consommation par habitant très inférieur aux benchmarks internationaux confirme un marché local déprimé en 2025, largement en dessous des standards de maturité et de dynamisme observés dans les économies comparables.
Perspectives 2026 : visibilité extrêmement réduite
1. Un manque total de signaux de reprise
Le marché du ciment aborde 2026 dans un contexte de forte incertitude. Aucun indicateur fiable ne permet d’anticiper une reprise à court terme.
Les tendances observées fin 2024 et sur l’année 2025 confirment une contraction durable de la demande, dans un environnement économique et immobilier toujours atone.
Visibilité marché 2026 : très faible.
2. Un pipeline de chantiers limité et tardif
Les projets identifiés à ce stade restent peu nombreux et de faible ampleur :
- un premier lot susceptible de démarrer en avril, avec des volumes très modestes ;
- un second lot attendu en juillet, également limité.
Conséquences directes :
- un T1 2026 proche du point mort, faute de chantiers structurants ;
- une éventuelle reprise progressive et marginale à partir du T2/T3, insuffisante pour inverser la tendance annuelle.
3. Une dépendance accrue à la commande publique
La structure du marché en 2026 repose quasi exclusivement sur la sphère publique.
Les principaux bailleurs actuellement actifs sont :
- l’Armée,
- la Province Sud.
La commande publique demeure ainsi le seul moteur identifiable pour l’année à venir. Toutefois, les programmes annoncés restent peu nombreux et de volumes limités, insuffisants pour générer un rebond significatif.
4. Un secteur privé toujours à l’arrêt
Le constat est sans appel : l’investissement privé est quasi inexistant.
Très peu de projets sont recensés en matière :
- d’immobilier résidentiel ou tertiaire,
- d’investissements productifs,
- de constructions commerciales.
L’absence d’initiatives privées prive le marché de son second pilier traditionnel et accentue mécaniquement la dépendance au secteur public.
Synthèse
- Visibilité 2026 : extrêmement limitée
- T1 en fort repli, faute de démarrages de chantiers
- T2/T3 : signaux faibles, volumes insuffisants pour relancer durablement le marché
- Dépendance quasi totale aux bailleurs publics
- Secteur privé absent, freinant toute perspective de reprise
Conclusion
L’année 2026 s’annonce comme une année à très faible potentiel de croissance pour le marché du ciment.
Le secteur restera sous tension, largement dépendant de projets publics modestes, sans dynamique de redressement significative visible à ce stade.
