ACTUS ADHÉRENTS

Les rencontres FCBTP en novembre/décembre !

Synthèse des rendez-vous FCBTP de novembre et décembre

Les mois de novembre et décembre ont été marqués par une séquence dense d’échanges avec les collectivités, les opérateurs publics, les partenaires sociaux et les acteurs de l’insertion. Ces rendez-vous ont permis de partager un diagnostic désormais largement convergent sur la crise profonde que traverse le secteur du BTP, mais aussi d’identifier des leviers d’action.

Une crise du BTP reconnue par tous

L’ensemble des interlocuteurs rencontrés, provinces, établissements publics, gouvernement, partenaires sociaux, partage le constat d’un secteur entré en mode survie. La chute de l’activité se traduit par une désorganisation du marché, une pression accrue sur les prix, des trésoreries exsangues et une perte rapide de compétences.

La rencontre exceptionnelle des partenaires sociaux de la branche BTP du 10 décembre avec les collectivités ont mis en lumière des indicateurs particulièrement alarmants : effondrement de la consommation de ciment, baisse massive des effectifs salariés, multiplication des défaillances d’entreprises et dégradation du moral des dirigeants. Au-delà des chiffres, c’est la dimension humaine et sociale de la crise qui inquiète : gel des embauches, arrêt de l’alternance, chefs d’entreprise en grande détresse et risque réel de perte irréversible de savoir‑faire.

Un message fort et unanime est ressorti de cette séquence : l’emploi et l’économie ne peuvent pas attendre le règlement des échéances institutionnelles et électorales.

Commande publique : trésorerie, visibilité et responsabilité des donneurs d’ordre

Plusieurs rendez-vous ont porté sur les difficultés d’exécution des marchés publics. Avec la province Sud notamment, la question des chantiers ralentis faute de trésorerie a été abordée. Des pistes innovantes sont à l’étude, comme la possibilité d’avances sur matériaux sans caution de manière encadrée.

La problématique des délais de paiement, parfois extrêmement longs, a également été largement évoquée. Elle constitue aujourd’hui un facteur majeur de fragilisation des entreprises et un cercle vicieux pour l’investissement et l’emploi.

Un besoin central ressort de manière récurrente : la visibilité. Les entreprises ne disposent que de quelques semaines ou mois de carnets de commandes. Les calendriers de travaux restent trop incertains, et les annonces non suivies d’effets concrets créent des espoirs puis des désillusions destructrices. La Fédération continue de plaider pour des programmations pluriannuelles réalistes, des projets lissés dans le temps et une communication publique responsable.

Projets structurants et rôle des opérateurs publics

Les échanges avec la SECAL, Enercal et la province Nord ont permis de faire le point sur plusieurs projets structurants : ouvrages d’art, réseaux, énergie, habitat aidé, infrastructures de transport.

Si certains investissements demeurent (notamment dans les réseaux et l’énergie), les marges de manœuvre financières des collectivités se réduisent fortement et limitent le lancement de nouveaux grands programmes avant la prochaine mandature. La province Nord, en particulier, fait le choix de sécuriser les projets déjà engagés plutôt que d’ouvrir de nouvelles opérations.

Un point de convergence important concerne la nécessité de mieux coordonner et centraliser l’information sur les projets publics. L’absence d’outil partagé de visibilité est identifiée comme un frein majeur, tant pour les entreprises que pour les collectivités. L’idée d’un recensement structuré des projets, conditionné aux financements publics, fait son chemin.

Dialogue social : responsabilité et front commun

La négociation de branche de novembre s’est déroulée dans un climat de responsabilité. Conscients de la gravité de la situation, les partenaires sociaux ont acté des refus sur certaines revendications salariales, tout en ouvrant des perspectives de travail pour 2026 (grille spécifique TP, réflexion sur la prime d’ancienneté).

Fait marquant : la volonté partagée des employeurs et des syndicats de salariés de porter un message commun auprès des décideurs politiques. Cette démarche traduit l’urgence ressentie par l’ensemble de la branche et la nécessité d’actions collectives plutôt que dispersées.

Emploi, jeunesse et insertion : préserver le rôle social du BTP

Les rencontres avec le gouvernement et le RSMA ont remis au cœur des échanges le rôle historique du BTP comme secteur d’insertion et d’ascenseur social, notamment pour les jeunes. Aujourd’hui, cette fonction est gravement fragilisée par la crise.

Des pistes concrètes émergent néanmoins, avec la structuration de partenariats autour de parcours d’insertion combinant savoir‑être, formation technique et immersion en entreprise.

Les grands rendez‑vous à venir (Festival des Arts du Pacifique 2028, Jeux du Pacifique 2035) sont également identifiés comme des opportunités à anticiper dès maintenant, afin de concilier activité économique, insertion et cohésion sociale.

Les représentants FCBTP restent mobilisés pour soutenir le secteur et les acteurs du BTP !