La Fédération Calédonienne du Bâtiment et des Travaux Publics (FCBTP) appelle le gouvernement à anticiper les mesures de soutien à l’emploi au-delà du 31 décembre 2025.
Un sondage réalisé fin novembre 2025 auprès des adhérents de la FCBTP révèle une fragilité historique du tissu productif. Plus de la moitié des entreprises interrogées n’ont actuellement aucune visibilité sur leur activité pour 2026 et redoutent un recul brutal de leur chiffre d’affaires, faute de chantiers confirmés ou programmés.
Même les entreprises n’ayant jamais eu recours à l’allocation exceptionnelle de maintien dans l’emploi jugent aujourd’hui indispensable sa prolongation. Beaucoup expliquent avoir tenu jusqu’ici grâce à des efforts internes ou à leurs dernières réserves, mais anticipent un recours au dispositif dès 2026 face à la dégradation rapide de leurs carnets de commandes. Le non-recours passé ne traduit donc en aucun cas une situation confortable, mais plutôt l’épuisement des marges de manœuvre.
La grande majorité des répondants réclame une prolongation d’au moins six mois du dispositif de soutien, soulignant le risque d’un « trou » entre la fin du dispositif actuel et la relance effective des chantiers, notamment ceux liés à la reconstruction, prévue à partir de 2027.
Les dirigeants du secteur font état d’un niveau d’alerte inédit : trésoreries exsangues, absence d’investissements publics et privés pour 2026, forte contraction des carnets de commandes, risque de licenciements dès le premier trimestre 2026, et menace de perte durable de compétences. Un recours accru au travail non déclaré est également redouté si les entreprises ne peuvent plus maintenir leurs salariés.
Sans dispositif relais, la majorité des entreprises anticipe une rupture brutale de leur activité avec des conséquences sociales immédiates. La FCBTP insiste sur l’urgence d’une décision rapide pour sécuriser l’emploi et éviter des licenciements préventifs.
Annexe – Chiffres issus du sondage entreprises
Périmètre du sondage :
– 804 salariés concernés
Utilisation de l’aide à l’emploi :
– 42 % des entreprises ont eu recours au dispositif
– 58 % ne l’ont pas utilisé, principalement par absence de besoin immédiat ou par manque de lisibilité du dispositif
Appréciation du dispositif :
– 83 % des entreprises estiment que la prolongation de l’aide à l’emploi est nécessaire
– La majorité des répondants considère qu’une prolongation de 6 mois à 1 an serait adaptée
Conséquences envisagées en cas de non-reconduction :
– Près d’une entreprise sur trois envisage des suppressions de postes
– D’autres entreprises anticipent une réduction du temps de travail
– Plusieurs répondants évoquent un risque d’arrêt d’activité ou de liquidation
Ces données traduisent un risque économique et social immédiat en cas d’arrêt brutal du dispositif de soutien à l’emploi.
